STAEL (Germaine de), NECKER (Suzanne CURCHOD épouse) - RECUEIL

1- STAEL (Germaine de). Recueil de morceaux détachés. Lausanne, Durand, Ravanel et Comp. & Paris, Fuchs, 1795. (1) f. de titre, 203 p. 2- NECKER (Suzanne CURCHOD épouse). Réflexions sur le Divorce. Lausanne et se trouve à Paris chez P.F. Aubin et Desenne, [1794]. 96 p.

Ensemble relié en un volume in-8, veau marbré de l’époque, dos lisse orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin rouge, filet d’encadrement à froid sur les plats, chasses et coupes filetées, tranches mouchetées de rouge.

1- Edition originale de ces oeuvres de jeunesse de Madame de Staël, jusqu’alors inédites, composées, dit-elle, avant ses vingt ans : l' »Epître au malheur ou Adèle et Edouard », l' »Essai sur les fictions », que Goethe traduisit pour la revue de Schiller, Die Horen en 1796, et trois nouvelles, « Mirza ou lettre d’un voyageur », « Adélaïde et Théodore » et « Histoire de Pauline ». Toutes ces oeuvres font déjà de la destinée des femmes leur sujet : mariées de force, accablées par un passé douloureux ou détruites par la jalousie, des héroïnes fortes y affrontent une société qui les juge plus durement que leurs amants, et annoncent Delphine et Corinne. « Mirza », conte africain, lie de surcroît la cause des femmes à celle des esclaves, son héroïne africaine portant la parole abolitionniste bien avant l’Ourika de Mme de Duras. (Schazmann, 21. Lonchamp, 27-1). 2- Edition originale, posthume, publiée et préfacée par Jacques Necker peu après la mort de l’autrice (mai 1794). Répondant à la loi du 20 septembre 1792 qui instaurait le divorce, Suzanne Necker lui oppose l’indissolubilité du mariage, mais bâtit son argumentation autour du souci des femmes : loin de les émanciper, le divorce profiterait au mari, libre de délaisser une compagne vieillissante vouée à la solitude. Cette attention à la condition féminine fait de ce plaidoyer conservateur une parole engagée au nom des femmes. Salonnière célèbre, mère de Mme de Staël, Suzanne Curchod, épouse Necker, ne put se livrer à son goût pour l’écriture, son mari jugeant cette activité « peu convenable » pour les femmes. Elle ne laissa que peu d’écrits, presque tous posthumes. (Gay, III, 987. Monglond, III, col. 111). Petit accroc au mors inférieur, qqs petites épidermures. Bon exemplaire, frais, bien relié à l’époque.

Disponible à la précommande. Les frais de livraison seront calculés dans les jours prochains et un nouveau devis vous sera proposé par nos soins avant passage de la commande et paiement.

750

Ref 36583

1 disponible à la précommande