ROUSSEAU (Jean-Jacques)

Rousseau juge de Jean-Jacques. Dialogue. D’après le Manuscrit de M. Rousseau, laissé entre les mains de M. Brooke Boothby.

Londres [i.e. Lausanne?], 1780.

In-8 (190 x 116 mm), cartonnage marbré à la Bradel, pièce de titre de maroquin bordeaux (reliure moderne), (2), x, 251 pages.

Edition publiée l’année de l’originale, identifiée par Dufour comme une contrefaçon de Lausanne. En fin de volume (p. 248-251) figure l’adresse de J.-J. Rousseau : « Dépôt remis à la providence ». Composé entre 1772 et 1776 sous forme de trois dialogues, l’ouvrage est une entreprise d’autojustification : Rousseau entend y répondre au complot universel dont il se croit victime. Les lectures privées des Confessions n’ayant pas produit l’effet escompté, il chercha dans cette forme dialoguée un moyen de défendre son image et de s’adresser à la postérité. Il résolut d’abord de confier le manuscrit à « Dieu » en le déposant sur le maître-autel de Notre-Dame de Paris, mais trouva les grilles du choeur fermées. C’est alors qu’il se tourna vers Brooke Boothby, jeune Anglais de passage à Paris et ancien voisin de Wootton, en qui la Providence semblait lui désigner l’ultime dépositaire du texte. Boothby le fit paraître à Lichfield, dans le Staffordshire, en 1780, deux ans après la mort de Rousseau, conformément à ses engagements. Longtemps lu comme un document clinique sur le « cas » Rousseau, l’ouvrage a connu, dans les dernières décennies du XXe siècle, une relecture qui en a révélé la profondeur philosophique et littéraire. (Dufour, n° 348. Gagnebin, I, p. 1905, n°31. Sénelier, n°1155). Très bon exemplaire, très frais, non rogné, témoins conservés.

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Ref 38335

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